Ebola, c’est grave docteur ?

C’est le mot qui est sur toutes les lèvres en ce moment : Ebola. Avec plus 3 000 morts à son actif en un peu moins d’un an, le virus est en passe de déclencher une hystérie collective, relayé par nombre de médias et d’informations malhonnêtes. Pourtant, sans minimiser les ravages infligés par Ebola en Afrique de l’Ouest, le virus n’est peut-être pas si menaçant que ça pour les Européens et les Américains. Retour sur une angoisse pas toujours fondée.

 

Ebola, qu’est-ce que c’est en réalité ?

Ebola est un virus nommé en fonction d’une rivière africaine où le virus a été découvert en 1976 lors de la première épidémie reconnue qui fit alors 280 morts. Comme souvent avec ce genre de virus agressif, l’épidémie flambe avec un taux de mortalité important avant de disparaître et de connaître une autre flambée des années plus tard. On notera donc une flambée en 1996 au Zaïre, une autre en 2000 en Ouganda ou encore 187 morts lors d’une flambée de 2007 en RC du Congo.

Le virus se transmet d’un individu à l’autre par les fluides et débute une période d’incubation qui peut varier de 2 à 21 jours. Le virus s’attaque en priorité aux reins et au foie, entraînant des hémorragies internes. Il entraine également des nécroses et des saignements par la bouche et les yeux. Bien entendu, si aucun traitement n’est administré, les risques de mortalité sont très grands, or du fait de l’aspect difficile d’accès de la plupart des régions touchées, les soins sont difficiles à mettre en œuvre, expliquant les taux de mortalités très hauts.

 

Un virus à la propagation relative

Il faut toutefois relativiser énormément vis-à-vis de ce virus, sans pour autant l’estimer inoffensif. Tout d’abord, il faut prendre en compte le mode de transmission, fait trop souvent ignoré et à l’origine de la psychose que cherchent à relayer les médias : le virus ne se transmet pas par la voie des airs mais par contact avec des fluides d’un contaminé.

Concrètement, cela signifie que vous pouvez prendre l’avion avec une personne atteinte sans pour autant être atteint : il faudrait pour cela l’embrasser, le toucher ou avoir un contact direct avec son sang. Or ce sont ces aspects qui expliquent la propagation rapide du virus en Afrique : quand un membre d’une famille décède, il est souvent de coutume de laver le corps du défunt et de veiller ensemble, ce qui augmente considérablement les chances de contracter le virus.

C’est également ce qui explique que les malades occidentaux que l’on connaisse à l’heure actuelle soient souvent des membres du personnel soignant. Or, l’arrivée de personnel médical touché en France ou aux Etats-Unis tend à provoquer des vagues d’inquiétude qui n’ont pas à avoir lieu dès lors que tout est fait dans les règles.

Un autre point qui peut expliquer la psychose malgré le très faible taux de contamination hors Afrique tient dans le fait que la maladie est loin d’être « propre ». On ne meurt pas paisiblement dans son sommeil : on souffre d’hémorragies violentes et la peau peut se nécroser à vue d’œil, donnant un aspect monstrueux au virus. Autant d’éléments qui vont à l’encontre de la vision occidentale de la mort qui préfère faire l’impasse sur la réalité et y soustraire une vision plus propre et saine.

Il faut enfin se rappeler la dernière épidémie que d’aucuns jugeaient de grand danger pour l’humanité : H1N1 ou grippe A. Malgré un certain nombre de morts en France, le gouvernement a fini par reconnaître son erreur concernant l’achat massif de vaccins, la plupart n’ayant jamais été utilisé.

 

Pour finir, il faut véritablement relativiser cette épidémie qui est gravissime en Afrique mais invisible dans nos latitudes. Il existe un mince risque de mutation, que reconnaît l’OMS, mais cette probabilité est tout de même très mince. Attention d’ailleurs aux virus (informatiques) que vous pouvez recevoir en ouvrant des e-mails traitant d’Ebola qui fait déjà le bonheur des pirates de tout bord.

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